Jean Pierre Pertus, conducteur-receveur sur le réseau interurbain a été victime et acteur d'un accident de la circulation extrêmement grave.
Avant toute chose, la Cgt s'incline devant la mémoire du motard décédé lors du sur-accident qui a suivi l'accrochage entre l'autocar et la voiture, elle gardera toujours une pensée pour les enfants et les personnes bléssés et concernés par ce dramatique accident.
Il ne semble pas utile de décrire ici l'accident par lui même, ni de commenter les différentes décisions de justice, nous nous contenterons de relater ce qui s'est passé après........dans l'entreprise !
Dans un premier temps, la rumeur circula dans l'entreprise sur les circonstances de l'accident, sur le comportement de Jean Pierre derrière son volant, sur la vitesse de l'autocar au moment de l'accident, etc, etc... puis après la rumeur les accusations sur le comportement de Jean Pierre, juste aprés l'accident puis face aux enqûeteurs.
Dans pareil cas, le conducteur est considéré civilement responsable par la justice, le risque étant que s'ajoute des sanctions pûrement professionnelles, comme le licenciement.
Jean Pierre convoqué à un entretien préalable un vendredi après-midi à Atlanta, avec une rumeur persistante de sanction sévère, la Cgt a pris ses responsabilité et a appellé à des arrêts de travail.
A notre grand soulagement les Traminots ont massivement répondu à l'appel de la Cgt, qui avait été relayé par l'ensemble des organisations syndicales de l'entreprise, ils se sont rassemblés devant le dépôt d'Atlanta.
Leur puissante mobilisation a permis à Jean Pierre d'éviter le licenciement, les Traminots ont imposé le respect de la Convention Collective Nationale qui prévoit, en pareil cas, le reclassement du conducteur a qui la justice a suspendu le permis de conduire.
Pendant une année, Jean Pierre a donc bénéficié d'un poste de reclassement à la recette, conformément à la Convention Collective Nationale, rien de plus.
Ensuite, un an plus tard, est venu une décision de justice qui a confirmé la suspension du permis de conduire et qui a défini la durée de la supension.
C'est à partir de ce moment là que les choses sont devenues beaucoup plus compliquées pour Jean Pierre.
Le DRH de l'époque Monsieur Yves Descous, n'ayant pas suporté d'être interpellé par le juge devant tout le monde, atteint dans son amour propre et dans sa fierté a choisi d'ajouter une deuxième peine à Jean Pierre, le licenciement.
Un samedi après midi, en présence d'un militant Cgt, le DRH Monsieur Descous a remis sa lettre de licenciement à Jean Pierre.
Devant cette attitude la Cgt a appelé à nouveau les Traminots a la mobilisation, profitant du dépôt d'un préavis de grève pour le lundi suivant, préavis qui concernait des revendications de salaires et de conditions de travail.
Dans un premier temps les organisations syndicales Sud, CFTC, CFDT, FO ont rejoint le mouvement de grève, utilisant le préavis déposé par la Cgt pour seulement défendre notre camarade Jean Pierre.
Le préavis utilisé pour cette grève ayant été déposé une semaine avant par la seule Cgt sur des revendications Cgt concernant salaires et conditions de travail, elle était bien obligée de maintenir sur les tracts appelant à l'action ses revendications pour conserver toute la légalité du préavis de grève.
Si tel n'avait pas été le cas, le préavis aurait pû être contesté sans difficulté par la direction devant la justice enlevant tout moyen d'action aux Traminots.
La Cgt avait donc tout naturellement passé au second plan ses revendications pour ne s'occuper que du cas de Jean Pierre.
Le DRH ayant dû s'incliner l'année précédente face à la mobilisation des Traminots a exeptionnellement bien manoeuvré, profitant de la division entre les organisations syndicales il a expliqué que sans permis Jean Pierre ne pouvait plus rester Traminot.
Le DRH a convoqué en catimini les organisations syndicales FO, CFTC, SUD, CFDT dans les bureaux de Parc Avenue pour influencer leur décisison.
Le DRH, a expliqué l'inexplicable aux organisations syndicales qui ont choisi de le croire, à savoir :
- que l'appel lancé par la Cgt au sujet de Jean Pierre n'était qu'une manoeuvre syndicale et qu'en réalité elle tentait d'imposer à tous ses revendications.- que la preuve était sur les tracts de la Cgt qui ne parlaient pas que de Jean Pierre mais qui parlaient aussi des revendications Cgt......- que le cas de Jean Pierre avait été discuté avec la Cgt l'année précédente, lors de la première grève, et que direction et Cgt étaient tombés d'accord pour que Jean Pierre soit licencié après la décison de justice.....
Qui peut croire une telle énormité ? ? ? Personne à part trois organisation : Sud, CFTC et FO qui ont appelé dès le jeudi à la reprise du travail abandonnant Jean Pierre à son sort, c'est à dire la porte......
La CFDT quant à elle a choisi de ne pas appeller à la reprise elle s'est contenté de laisser les Traminots face à leur choix, sans prendre de position claire, comme a son habitude.. Nous tenons à la disposition des Traminots tous les tracts de l'époque.........
Le pire dans tout cela, parce qu'il y a un pire, c'est que la Convention Collective Nationale prévoit un tel cas de suspension du permis de conduire.........
Elle permet même de conserver le conducteur dans l'entreprise grâce à plusieurs mesures prévues à cet effet, mesure pouvant aller jusqu'à la suspension provisoire du contrat de travail pendant plusieurs mois pour permettre le retour à l'emploi de conducteur-receveur dès que la restitution du permis de conduire sera effective.
Cette affaire a révélé que beaucoup d'organisations syndicales ne connaissaient pas leur propre Convention Collective Nationale, qu'elles avaient choisis de croire plutôt un Directeur des Ressouces Humaines que les camarades d'une autre organisation syndicale comme la Cgt et que au bout du compte le sort d'un Traminot leur importait peut......
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