Quelle responsabilité des Etats dans l’essor des agences de notation ? L’essor des agences de notation s’explique par la déréglementation des marchés et l’accumulation des capitaux financiers. La libéralisation des économies dans les années 1980 conduira à une globalisation financière. Le marché financier devient décloisonné, mondial. Les emprunteurs peuvent désormais chercher de l’argent sur le marché mondial. Et les préteurs cherchent un placement rentable, avec moindre risque sur ce même marché. Cela crée des conditions propices à l’essor des agences de notation. Dans un marché financier mondialisé, les prêteurs ont besoin de repères. En l’absence d’initiatives des institutions publiques, ces repères sont fournis par les agences de notation. Le « marché de notation » est dominé par trois firmes basées aux Etats-Unis : Standard & Poor’s (S&P), Moody’s, Fitch Ratings. Il convient de rappeler que cette dernière est passée en 1997 sous le contrôle du holding français Fimalac dont le principal actionnaire est le français Marc Ladreit de Lacharrière. Du point de vue organisationnel, la domination de ces trois firmes est le fruit d’une histoire d’acquisitions et de fusions. Mais c’est surtout du point de vue politique qu’il faut expliquer la domination des firmes américaines. En effet, les autorités européennes ont leur part de responsabilité dans cette domination, et ceci au moins pour deux raisons : 1°) La libéralisation et la déréglementation des marchés évoquées plus haut ont conduit au développement et à l’effervescence des marchés financiers ; 2°) L’adoption des normes comptables d’inspiration libérale (normes IFRS) a également favorisé l’essor des agences de notation. Il convient de souligner que ces normes ont été aussi élaborées par un cabinet privé américain et que rien n’obligeait les autorités européennes à les appliquer
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