Qu’est-ce qu’une agence de notation ? Les agences de notation sont des établissements privés, des cabinets d’expertise comptable, au service des marchés financiers et particulièrement des spéculateurs. Elles n’ont aucune légitimité démocratique. Leur mission principale consiste à rassurer les capitaux financiers, et notamment les spéculateurs, appelés abusivement « investisseurs », à leur « garantir » que les emprunteurs potentiels (entreprises, banques, États, collectivités locales, organismes sociaux) sont en mesure de respecter leurs engagements, de rembourser leurs dettes. C’est la raison pour laquelle elles insistent tant sur la solvabilité des emprunteurs et sur d’éventuels risques de faillite de ceux-ci. Pour cela, elles donnent des notes aux emprunteurs, voire aux catégories de titres financiers que ces derniers veulent émettre (obligations, actions, « produits structurés » ; voir l’encadré). Ces notes déterminent ensuite le degré de facilité avec laquelle les emprunteurs peuvent chercher de l’argent, obtenir des financements, lever des fonds sur le marché. La note détermine la « prime de risque », c’est-à-dire le coût de l’argent. La prime est faible lorsque la note est élevée ; elle augmente à fur et à mesure que la note se dégrade. Que font concrètement les agences de notation ? Comme leur nom l’indique, l’action de ces agences consiste à donner des notes. Cette action est appelée notation (ou rating). Au départ, la notation portait sur la liquidité des titres, c’est-à-dire le degré de facilité avec laquelle un titre peut être vendu sur le marché. Un titre est jugé liquide lorsqu’il trouve facilement acheteur. L’essor du marché obligataire conduira à un glissement important : le critère devient la solvabilité de l’émetteur, c’est-à-dire sa capacité à respecter ses engagements et surtout à rembourser sa dette. Il existe bien sûr un lien étroit entre les deux critères, surtout dans le cas des entreprises. Les titres émis par une entreprise qui n’est pas à même de rembourser ses dettes ne peuvent être liquides, ne trouvent pas facilement acquéreur. Quant aux emprunts d’Etat (la « dette souveraine »), selon les agences de notation et une approche purement comptable, le critère fondamental est l’équilibre budgétaire et le niveau de la dette publique. Dans une telle perspective, les dépenses sociales sont jugées, en principe, comme non fertiles. Inversement, la réduction des prélèvements en général et particulièrement sur le capital est considéré comme un atout.
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